Les ascidies Ciona intestinalis type A et Ciona intestinalis type B

Etudiée depuis plusieurs années en biologie du développement,  la cione  est devenue plus récemment un modèle pour les études éco-évolutives. D’abord considérée comme une espèce cosmopolite, plusieurs études récentes ont en effet révélé l’existence non pas d’une espèce mais d’un complexe de quatre espèces au sein de ce taxon qui était nommé Ciona intestinalis (Zhan et al. 2010).

Deux de ces espèces, appelées types A et B, sont supposées être respectivement d’origine Pacifique et Atlantique. Toutes deux ont été introduites accidentellement dans différentes régions du monde. Ces deux espèces auraient divergé l’une de l’autre il y a 3 à 5 millions d’année mais leur isolement reproducteur n’est pas complet (Suzuki et al. 2005).

Des individus introgressés ont été identifiés dans une zone de contact établie récemment en Manche (Nydam & Harrison 2010) où les deux espèces sont en étroite sympatrie.

Il a par ailleurs été mis en évidence qu’un contact secondaire plus ancien se serait produit (entre 4000 et 15000 ans) et aurait été à l’origine d’introgression entre les génomes de ces deux espèces (Roux et al. sous presse).

Les études menées dans HySea cherchent à établir le potentiel d’hybridation actuel de ces deux espèces et déterminer si leur nouvelle remise en contact pourrait être à l’origine de modifications de leurs génomes et faciliter l’installation du type A en Manche. Un des atouts de ce modèle biologique est la disponibilité de nombreuses ressources génomiques (génome complet du type A publié en 2002, transcriptomes complets analysés chez mes deux espèces par le Projet POPPHYL etc.).